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Le calcul du principal indicateur de la santé financière mondiale aurait été faussé entre 2006 et 2008. Des grandes banques, dont UBS, sont soupçonnées de fausse information. Les régulateurs demandent des comptes.

Ce n’est pas la première fois que le Libor est accusé de manquer de transparence. Mais cette fois-ci, le calcul du London Interbank Offered Rate (taux interbancaire offert à Londres) est directement remis en cause, avec les premières investigations lancées par des autorités de marché américaine et japonaise sur l’honnêteté d’une vingtaine de grandes banques, au moment de fournir les informations nécessaires au calcul du taux. Celui-ci désigne une série de taux de référence, calculés sur la base de la moyenne des taux auxquels se prêtent les banques entre elles à Londres, à une échéance et pour une devise donnée. Au total, les échéances des taux Libor vont de 1 jour à 12 mois, pour une dizaine de devises (dollar, livre sterling, euro…).

Le signal est venu hier du géant suisse UBS, qui annonce dans son rapport annuel avoir reçu des citations à comparaître de trois agences américaines, ainsi qu’une demande d’information de l’Agence de supervision financière japonaise. La banque devra répondre d’une éventuelle tentative de manipulation de ce taux d’intérêt de référence, après avoir fourni des informations erronées sur le taux à laquelle elle aurait emprunté à l’époque à d’autres établissements bancaires, , selon le Financial Times. Les investigations concernent principalement les données fournies avant et pendant la crise financière (2006-2008) et sur le mode de calcul du taux en dollars, précise le journal.

Quinze autres banques visées
Mais l’affaire pourrait aller bien au-delà dans un contexte de réflexion mondiale sur la régulation financière. Car UBS n’est pas la seule dans la ligne de mire des régulateurs. L’enquête vise également à déterminer si, en cas de culpabilité, la banque a agi seule ou de concert. Le Libor est en effet calculé quotidiennement à 11 heures par la British Bankers Association (BBA) en fonction des taux d’intérêt auxquels un panel de grandes banques déclare se prêter les unes aux autres sur le marché londonien. Quinze autres banques sont également visées. Et pas des moindres : Bank of America, Barclays, Citibank, Crédit Suisse, Deutsche Bank, HSBC, JPMorgan Chase, Lloyds, Royal Bank of Scotland…. «Suggérer une entente entre ces grands établissements concurrents me paraît peu probable, tempère toutefois Jean-Paul Pollin, membre du cercle des économistes. D’autant que si les manipulations de taux sur un marché comme celui des matières premières, tenu par un nombre restreint d’acteurs, est relativement aisé, il me paraît beaucoup plus difficile sur des marchés aussi liquides et profonds que les marchés monétaires».

Rassurer sur la solidité financière
En attendant, hormis le signal émis par UBS, aucun des autres établissements privés, ni aucune des autorités de régulation n’ont souhaité s’exprimer sur le sujet. Reste à comprendre les motivations premières de ces éventuelles manipulations. Selon certains observateurs, les établissements les plus fragiles à l’époque auraient caché les taux réels auxquels elles empruntaient pour ne pas inquiéter sur leur capacité à accéder aux liquidités. Le maintien du Libor à un certain niveau ne serait donc pas un but en soi, mais un effet indirect de la volonté de certaines banques de rassurer sur leur solidité financière.

Quel que soit le cas de figure, ces distorsions de la réalité ne sont pas sans conséquences, le Libor (notamment à 1,2 et 3 mois), étant considéré comme le principal indicateur de la santé financière mondiale. Il est également le taux de référence dans le calcul de nombreux contrats de couverture ou immobiliers, ce qui aurait désavantagé des milliers d’opérateurs à l’arrivée à terme de leurs contrats. Selon le Financial Times, la valeur des produits financiers indexés sur le Libor atteindrait les 350.000 milliards de dollars.

C’est en droite ligne de ce que j’explique depuis plusieurs questions. Je vais vous expliquer encore plus en détails comment on en est arriver là. Prochaine question sur ce qu’on peut appeler un début: les Savings and Loan.

Votre avis?
Gonzo: pire que cela: ils sont complices. Je te propose de lire mes questions précédentes.




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